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mercredi 11 novembre 2015

Une semaine d'immersion en jungle . . . .

         Cet article, je vous l'avais promis il y a déjà plusieurs semaines de cela mais les copains sont venus, je me suis fait mal au genou ce qui a fait que même si j'avais le temps de me mettre sur mon PC, et je n'avais donc pas trop le moral pour m'étendre sur ces 5 jours que j'avais passé fin septembre début octobre au Centre d'Entrainement en Forêt Équatoriale, géré par le 3° Régiment Étranger d'Infanterie

Alors le CEFE c'est quoi ? ! ?, tout d'abord quand on est sur la route de l'est et qu'on roule vers St. Georges de l'Oyapoque (vers le Brésil quoi !), le CEFE c'est juste la pancarte ci-dessous au bord de la route avec derrière une piste qui s'enfonce dans la forêt, c'est rien mais quand on connait c'est déjà beaucoup !!

 On trouve sur Internet les éléments suivants lorsque l'on s’intéresse un peu à la chose.



Les missions du centre sont multiples :

  • Aguerrissement des unités en poste permanent dans le département (et notamment le 3e REI, mais aussi les unités en mission de courte durée (4 mois) aux spécificités du milieu.
  • Préparation opérationnelle des unités chargées d'effectuer des opérations de contrôle des frontières et/ou de recherche des sites d'orpaillage illégaux
  • Apprentissage du commandement en situation extrême pour les chefs amenés à conduire des unités en terrain hostile (le CEFE organise un stage international de chef de section jungle)
  • Expertise et recherche dans les savoir-faire propres au milieu tropical.



Il existe plusieurs types de stage organisés par le CEFE, dont certains peuvent se faire à la carte en fonction des besoins de l'unité stagiaire :

  • stage d'initiation de 2 à 5 jours
  • stage d'aguerrissement de 2 semaines
  • stage de combat jungle (ouvert aux unités françaises expérimentées ainsi qu'aux unités étrangères)
  • stage de formateur de 6 semaines (permettant de former les futurs instructeurs de plusieurs pays d'Amérique du Sud)
  • stage de "chef de section jungle"

La formation y est axée sur la rusticité, la condition physique et l'adaptation aux conditions climatiques, notamment aux conditions particulières à la forêt équatoriale.
Les militaires s'y entraînent à la pratique des pistes (type piste de risque) individuelles et collective dans un milieu hostile, au combat en jungle, à la manipulation des explosifs, au tir, au franchissement des cours d'eau, etc. . . .

Venir en Guyane et ne pas participer à un tel stage alors qu'on en a la possibilité, me paraissait inconcevable, cependant, il ne faut pas croire qu'il suffit d'aller taper à la porte du centre pour y être admis et ce même si vous êtes policier, gendarme, douanier, . . .

C'est donc grâce à la PAF de Guyane, dont je salue les éminents représentants  ;-) que j'ai pu intégrer ce stage opérationnel de lutte contre l'immigration clandestin liée à l'orpaillage illégal.

Une semaine pour apprendre les bases de la vie en forêt, appréhender son environnement pour  ne pas faire, n'importe quoi n'importe comment, mais aussi passer de bons et durs moments avec des collègues qui comme moi aiment la forêt et tout ce qu'elle offre.

Je ne vais pas vous faire un résumé exhaustif de tout ce que nous avons fait pendant une semaine, mais plutôt vous glisser quelques photos avec un petit commentaire par ci par là, sachant que l'objectif du stage était bien sur d'être capable de se déplacer et de vivre dans les meilleures conditions possible en forêt (couchage, camp, feu, ...) mais aussi de s'y déplacer, de surmonter les obstacles naturels et aussi d'aller contre de nombreuses idées reçues sur la forêt et ses dangers.
Le but n'est pas de faire croire qu'il n'y a pas de danger en forêt équatoriale, mais plutôt qu'avec un peu de bon sens et de prudence, ceux-ci restent modérés. par exemple, toute eau trouble ou boueuse ne cache pas un crocodile ou un anaconda de 10 mètres (quoique !!) par contre, pisser dans l'eau peut amener à attraper un poisson candiru et là c'est pas cool du tout ==> Ça chinois, c'est pour toi ....




Ça c'est le 1° jour, on vient juste d'arriver et parmi nous, un a déjà fait le stage et reste juste le temps que l'on fasse les séances de tir, avant de repartir le lendemain matin.

Merci "Schmoll" pour ta présence et tes conseils éclairés.








 Là on peut voir que j'ai bien écouté ce que l'on m'a dit en matière d'installation de mon bivouac. Deux arbres, une corde faîtière, une bâche avec dessus mon hamac, un bon espace de vie en cas de pluie (c'est pas un 4 pièces non plus, faut pas pousser !!)































     

    


    Après les séances de tir, on attaque par du sérieux: "la coupure humide", c'est beau comme nom ?
C'est juste pour dire que vous et votre p... de bardât de quasiment 30 Kg vous allez traverser la rivière en vous tenant à la corde sachant bien sur que le courant n'a qu'une seule envie vous emmener bien loin de l'endroit ou vous voulez aller ...


 Surtout ne pas se fier aux apparences, en fait le courant est énorme et la rivière assez large. Pour couronner le tout lorsqu'on arrive de l'autre côté, on se retrouve dans un immense enchevêtrements de branches qui se confond avec une boue bien collante dans laquelle on s'enfonce jusqu'aux cuisses ...

Sympa, et dire que certains paient pour se barbouiller de boue, c'est bon pour la peau qu'ils disaient ...





Étape suivante la piste PECARI, il s'agit d'un parcours sportif adapté à la vie en jungle, c'est à dire en bien plus bête, bien plus mouillé et gadouilleux et bien dur !!



Bien sur vous la faîtes une fois en reconnaissance et découverte et puis une fois chrono, il s'agit  de quelque chose de mythique en la matière.





Le plaisir c'est que la difficulté des obstacles varie avec le jeu des marées; Et oui mon bon monsieur (ou ma bonne dame) ici les marées influent largement jusqu'à très profondément dans les terres, c'est un élément impératif à prendre en compte lorsque l'on circule en kayak sur les cours d'eau ou bien lorsque l'on veut marcher en bord de crique (= rivière)

 Allez trêve de blabla, c'est parti, j'en ai chié ... grave mais bon j'ai carrément bien assuré pour le passage des obstacles, par contre niveau chrono, par rapport aux militaires sur-entrainés qui viennent sur site, "no comment" ...
En même temps soyez un peu indulgent j'ai presque 45 ans  ;-)



 Un petit "dessus-dessous", bien sur les troncs sont lisses, mouillés et glissant, on n'a pas pied pour monter sur le 1°, rien pour se tenir lorsqu'on se redresse (merci la grimpe) et bien sur, le tronc du haut est à 2 mètres de celui du bas.

Ah, j'allais oublier, les fringues et les pompes sont pleines d'eau et de boue, j'adore ...

 


 Ça c'est "l'échelle laotienne", j'adore nos amis du continent sud asiatique mais là, oublier les barreaux entre les deux troncs verticaux ça ne facilite pas la vie ....  Bon ça passe quand même.


 Bon des fois on se repose mais pas souvent, on écoute un autochtone qui nous explique ce que manger ou pas dans la forêt, préparer un poisson, dépecer un gibier en retirant les glandes qui abiment la viande, ...

Super intéressant mais une masse de connaissance énorme qu'il est difficile de retenir surtout lorsqu'on ne met pas en pratique régulièrement (du style parce qu'on se blesse au genou ;-)




Le maître des lieux et l'expert en la matière, bientôt 70 ans  et bon pied bon œil, un puits de connaissances en matière de forêt;

Au résultat, on mangera du riz et des haricots rouges en sauce avec du tapir, de l'agouti mais aussi de l'aïmara, un vrai régal.






          Sachant bien sur que cela fait des jours que l'on mange des rations de combat à tous les repas. Vu qu'on se les traîne c'est quand même mieux de les manger, le poids se déplace, c'est la règle de l'apesanteur, ça part des épaules jusqu'au sol !!!!

         Mais c'est pas parce que l'on a bien mangé qu'il va pas falloir continuer à souffrir, mais là franchement ça se complique sérieusement; Après le parcours sportif, c'est le tour parcours du combattant, à savoir "la piste groupe", objectif :
TRAVAILLER    LA    COHÉSION
   En avant pour la rigolade, avec une musette sur le dos, un Famas à la main et c'est parti ...




          Vous avez le choix: Soit vous passez dessus sur 20 mètres soit vous tombez et vous vous enfoncez dans la boue jusqu'à la taille et c'est 20 mètres quand même !!!  Moi j'ai pas voulu tomber, le collègue lui, il faisait 130 Kg et il aimait bien la boue (du moins j'espère ;-)



  C'est au pied du mur qu'on voit le maçon ...

Grand moment de réflexion et après ... il y a pas deux mille solutions ! on nous a pas demandé d'être fin alors on envoie du lourd !







 C'est presque la fin de la piste, une photo souvenir avec le "poto" Tony qui turbinait bien et qui aime vraiment la forêt.

C'est pas le seul c'est sur mais en tout cas, j'ai vraiment passé de bon moment avec lui et on a bien rigolé ....






      C'est la fin on vient de toucher le poteau jaune, on est jeudi en fin de journée, demain on reprendra la direction du camp, du bar puis de la civilisation, mais juste après avoir crié le mot d'ordre et de ralliement du CEFE qui précède et finit toutes les épreuves pour donner du du courage à chacun :

S A L V A  ! ! ! *

     Voilà une bien belle aventure qui se termine, un moment vraiment particulier avec des fous rires, des coups de gueule, des surprises, ....
Mais surtout un stage qui a totalement changé mon approche de la forêt, la preuve je ne pense qu'à une seule chose lorsque j'en sors ....  y retourner !!


* SALVA --> la forêt (en Brésilien)

dimanche 1 novembre 2015

Connaissez vous Edouardo CRUZ ? ! ? !

        Et si ce n'est pas le cas, vous ne le savez pas mais vous êtes surement passé à côté de quelque chose de vraiment particulier et l'histoire que je vais vous conter va surement vous mettre des étoiles plein la tête et des horizons lointains plein les yeux.

Les histoires ont toujours une genèse, un milieu et une fin et comme je ne suis pas quelqu'un de conformiste, je vais commencer par la fin, je devrais dire le résultat -ou du moins l'un des résultats- dont l'Homme et Aymeric ont bénéficié suite à la rencontre de ce personnage hors du commun qu'est M. Eduardo CRUZ.
Je vous laisse apprécier . . . 

Ça c'est le couteau de l'Homme, il coupe tout sauf les oreilles de Princesse !!

           Mais tout d'abord commençons par le commencement sinon on ne va pas s'en sortir.
L'histoire est simple, elle débute pendant le CEFE de ce que je sais, l'Homme décida un soir de débiter du bois pour le feu avec sa machette et son acharnement fini par le bris du manche de sa lame fétiche vous savez celle qu'il traîne depuis le "93", qui dort dans le 4X4 et qui a, à son actif de nombreuses oreilles de "mécréants" (on s'en fout il y a maintenant amnistie ;-)



C'est elle, juste à gauche lorsqu'elle est arrivée chez le docteur Eduardo.
Inquiet de voir son joujou ainsi hors-service l'Homme s'est mis en quête de quelqu'un capable de lui refaire une nouveau manche pour sa lame mais étant en Guyane, avec le luxe de l'équiper d'un bois "peyi".




Il ne faut pas croire que ce fut chose facile, ici une machette "tramontina" coûte 15€, elle rouille, elle casse, on la perd, pas de souci on en achète une nouvelle, c'est un outil de consommation courante, alors pourquoi refaire un manche !!
Mais le bouche à oreille s'étant mis en marche, l'Homme a obtenu un nom "la forge du Mahury" et un numéro de GSM. Un petit tour sur Internet permet de trouver le site ad'hoc et là le rêve commence . . . .
http://eduardo-cruz-forge.blogspot.com/p/page.html

Quelques jours plus tard, Aymeric et l'Homme vont à la rencontre du personnage, Eduardo et ce sera le début d'une histoire pleine de récits merveilleux, de voyages, d'échanges, ...

Pour vous décrire le maître des lieux qui pourrait le faire mieux que lui même, pour éviter de le plagier, je fais le choix d'emprunter à son site la description qu'il donne de son personnage:

" Fils d`immigrants Espagnols, né à Paris en 1963, j'ai grandi entre la France et la Galice, ce qui m'a sûrement donné le goût du voyage et fait de moi le nomade des mers que je suis devenu.

À bord de notre voilier ''Jocéba'' depuis 1988, avec Claudia ma compagne, et après un faux départ en 1993 (naufrage en Espagne) nous larguons enfin les amarres en 1996!!

C'est au cours de ce voyage autour du monde que je réalisais mes premiers couteaux aux Iles Marquises avec mon ami Maho en 2001. Je travaille le cuir depuis les années 90 !

Arrivé à Nouméa en 2002 (Nouvelle Calédonie) j'ai équipé mon atelier à bord du voilier en achetant un minimum d'outillage. J'y customisais, alors, les opinels et les sabres de Thiers, profitant de l'abondance sur place des bois de cerfs et autres bois tropicaux.

La suite du voyage nous amena en Asie du Sud-Est, aux Philippines d'abord, puis à Bornéo, péninsule de Malaisie et Thaïlande, où j'ai observé et admiré le savoir-faire des forgerons locaux. Ils forgent par nécessité et leur art est bien vivant !

Après 6 années passées en Asie et la naissance de notre fils Angelo (en 2007 en Malaisie, île de Langkawi) nous décidâmes, en 2011, de retourner vers la vieille Europe après 15 ans d'absence. Arrivés en Méditerranée, nous avons mis le cap sur l'Atlantique et ses îles (Canaries, Cap-Vert) puis nous avons continué le voyage vers la Guyane Française afin de découvrir sa forêt!

Ancré au port de Dégrad des Cannes sur le fleuve Mahury, j'ai installé mon atelier avec l'aide de l'ami Guy qui me laissa disposer d'un local, étant lui même un ancien marin voyageur et passionné de belles lames ! "
 



 Il faut bien vous donner une idée du personnage, le voilà avec l'Homme, dans l'atelier alors qu'il vient de finaliser le fil d'un couteau.






Au fil des rencontres, Eduardo, Aymeric et l'Homme vont sympathiser se découvrir de points communs comme les destinations lointaines, la pêche, la forêt, le plaisir des choses simples de la vie, . . . 
L'Homme en profitera pour acheter un magnifique couteau de chasse dont le manche est fait en bois violet de Guyane et la lame dans un guide de tronçonneuse STILL, car ce qui est caractéristique d'Eduardo c'est qu'il réalise lui même l'intégralité de ses couteaux, machettes ou parangs.

Jamais il n'achète de métal en bande pour réaliser une lame, cette dernière sera réalisée dans un guide de tronçonneuse, une cage de roulement à billes, un morceau de ressort d'amortisseur de camion ou bien encore une lame d'amortisseur de 4X4 avec une préférence pour le Land Rover.

Concernant le manche, les matériaux les plus divers et les plus exotiques viennent composer ses réalisations, corne de cerf de nouvelle Calédonie, bois de Guyane, corne de buffle, ce sont les cadeaux reçus au fil des rencontres qui permettent de telles compositions.

Pour le cuir, il vient lui aussi d'horizons divers mais toujours avec cette recherche de la qualité et de la résistance que doit caractériser tout ce qui est fabriqué aux fins d'être utilisé sur la Guyane.

Pour exemple:



 Voici quelques réalisations d'Eduardo, souvent il s'agit de commandes passées par des amoureux des belles choses, marins au long cours, militaires sous contrat en Guyane, ...





Mais toujours ce même amour des belles pièces et une grande patience, car Eduardo passe beaucoup de temps sur ses réalisations, se laissant le temps d'apprécier le fil, l'équilibre de ses créations. Les jours deviennent vite des semaines voire des mois mais le résultat final est souvent au delà de toutes les espérances de celui qui l'a sollicité.


         Parmi les 5 couteaux présentés sur cette photo, seul UN, celui du centre est encore en vente, les deux de gauche sont des commandes et les deux de droite ont été achetés par Aymeric.

Au jour d'aujourd'hui, Eduardo se refuse à prendre de nouvelles commandes car elles nécessitent de longues discussions avec la personne qui le sollicite pour connaître ses attentes, l'usage qu'il va faire du couteau, ...   et en attendant, sa vitrine se vide tout doucement et il ne reste plus que quelques pièces pour témoigner de son savoir faire.

         La fin de l'année devrait voir la réalisation de plusieurs parangs, objets massifs et puissants qui remplacent largement la machette et sont originaires de Malaisie.

Eduardo a déjà forgé les lames, mais le choix des manches et de leur étui n'a pas encore été fait.
Un des trois risque bien de devenir la propriété de l'Homme . . . à voir, ce sera Noël !!


La lame du couteau se trouvant au 1° plan a été réalisée dans une râpe de maréchal ferrant ! !





          Quelque unes des créations d'Eduardo, encore dans sa vitrine, les racks vides (à gauche) témoignent du succès de son travail dans le domaine de la coutellerie.

Je vous enjoins à aller directement sur son site internet pour bénéficier de photographies de qualité, agrémentées de toutes les explications liées à la réalisation de chaque pièce.

 En conclusion, une rencontre merveilleuse, au fond d'une zone industrielle improbable (Degrad de Cannes), dans un hangar qui donne l'impression d'être abandonné et où règne quelquefois une chaleur étouffante (surtout quand EDF est en grève, c'est à dire en ce moment quasiment tous les jours !!)

Merci Eduardo pour ces moments passés en ta compagnie, je sais qu'il y en aura beaucoup d'autres, à la forge, en forêt ou sur le fleuve où de nouvelles aventures nous attendent pleines de soirées autour du feu où tu me compteras tes périples en mer rouge, tes aventures dans le sud-est asiatique, ta vie de vagabond des mers, .....





 " Couteau de Marin, en souvenir de Thomas disparu en mer.
Lame forgé dans un guide de tronçonneuse de 12cm de long par 4cm de large et 4mm d'épaisseur.
Le manche est en Amarante. l'étui est en cuir végétal teinté marron clair "






dimanche 25 octobre 2015

Les aventures d'Aymeric . . . . en Guyane

              Si vous connaissez Aymeric, je suis sur que vous pensez que c'est un mec bien (normal c'est le super pote de l'Homme !!) sans histoire et qui mène une vie tranquille.


En fait non, pas vraiment . . .


     Aymeric, c'est le gars qui vient en Guyane et qui en plus de la grande Aventure de ce voyage aux portes de l'Amazonie en vit plein d'autres au quotidien. 

Et si vous ne me croyez pas, lisez cet article qui montre bien que la Guyane n'est pas de tout repos surtout lorsque l'Homme et Aymeric commencent à s'agiter dans tous les sens.


En fait, commençons l'histoire par le commencement. Après avoir pris ses marques sur le territoire guyanais durant plus de 10 jours, Aymeric devait partir avec l'Homme en direction du Brésil pour un "road trip" de 8 jours qui devait les mener entre Santarem et Manaus  en remontant l'Amazonie, le but totalement avoué: faire un bout de forêt et aller au contact d'une tribu reculée vivant dans la forêt amazonienne pour découvrir leur environnement.


Mais voilà, l'Homme s'est bloqué un genoux et les deux aventuriers de Remire ;-) ont du abandonner ce grand projet pour cause de handicap.
Je vous passerai les projets de substitution montés dans l'urgence pour en venir au cœur de cette semaine entre potes . . . 
. . . . la découverte de certaines criques de Guyane en canoë, ce choix permettant d'allier le plaisir de la pêche d'Aymeric et les besoins de grandes échappées de l'Homme.


La première ballade qui durera une journée va les amener vers Roura dans le secteur du pri pri qui se trouve derrière Rochambeau et sur les bons conseils de Lionel (le patron de la base de location de matériel), ils iront s'enfoncer dans des petits méandres ou seuls au monde ils passeront un moment incroyable au moyen de nulle part.

 
Mais attention l'Aventure ça ne veut pas dire l'absence de confort car, c'est déjà, assez difficile comme ça de vivre sous ces contrées qu'il ne faudrait pas en rajouter !!!


Pour les puristes, le canoë pouvant largement recevoir une glacière, ne vous faites pas de souci, vu que l'eau est à 27° ils ont préféré assurer plutôt que se priver de certains petits plaisirs.

En même temps, comme on peut pas passer toutes ses journées à ramer, Aymeric en a profiter pour aller pêcher en mer les jours de relâche ...
Avantage certain, il remplit le congélateur de carangues de plusieurs kilos qu'il a bien pris soin bien sur de transformer en filets car la princesse refuse de s'approcher de la chose tant que ce n'est pas nettoyé et rangé .....


Pour preuve, il n'est pas trop maladroit notre vaillant Aymeric même si au final, tout ce qui se pêche en Guyane ne se mange pas (ben oui les tarpons, les requins, ...) et ce même s'il n'a pas réussi à accrocher un aïmara, à mon grand désespoir.


Concernant la carangue, j'ai volé l’arête centrale de la première que l'on a mangé mais j'ai été tellement malade par la suite que je crois que je ne recommencerai plus.

Mais je vous ai parlé d'aventures au sein de l'Aventure, en voilà UNE, elle s'est déroulée samedi 24 octobre à petit saut, en contrebas du barrage, sur le Sinnamary pour aller à la crique Grégoire. 

Fort de leur première expérience en milieu fluvial, voilà nos deux amis repartis pour une nouvelle épopée digne de Raymond MAUFRAIS (mais en mieux quand même, surtout pour la fin).
Pour les ignares merci d'utiliser WIKICACA, vous aurez appris quelques chose et vous vous coucherez moins c...
Levé 5h00, tout est chargé dans la voiture (sauf moi, je vous rappelle que je n'aime pas l'eau ! donc je laisse la plume à l'Homme) et en avant direction le barrage de petit saut et la crique Grégoire pour aller pêcher l'aïmara. L'Homme lui a pris un livre et son appareil photo, c'est Aymeric qui se traîne des boites, des cannes, des leurres, des .... je ne sais quoi d'autres.



8h00, le kayak est à l'eau au pied du barrage, le matériel et la nourriture sont chargés, tout est prêt, il ne reste plus que dans un 1° temps aller au pied du barrage pour taquiner les "baby tarpon" et aïmara avant de rejoindre bien en aval, la crique Grégoire dont on nous a dit qu'elle était un lieu magnifiquement préservé.

     Le courant est puissant, nous sommes juste une centaine de mètres en aval des bouches de relâche du barrage mais nous tentons quand même de remonter pour aller chercher le meilleur et . . . .
. . . . . ce qui devait arriver arriva, en sortant de derrière un gros rocher, on chavire ! ! !

Une petite parenthèse pour signaler que la princesse qui devait venir avec nous s'était désistée la veille (elle avait du sentir l'embrouille) et que Elisa refuse obstinément de monter sur une embarcation ayant quitté la terre ferme.

Bien sur c'est le plein bouillon, un courant de folie (on est au pied du barrage en même temps), si une partie des choses était attachée, ce n'est pas le cas de la glacière, des leurres, du sac étanche contenant l'appareil photo, ...
On finit tant bien que mal à récupérer la quasi totalité de nos affaires -mouillées- sauf une pagaie ce qui nous coutera une promenade athlétique parce que ramer seul à contre courant avec minimum 200 Kgs de charge, c'est costaud ...
Bien évidemment pas de photo de "cet exploit" nautique des deux aventuriers mais une belle bosse de rire et de sacrés souvenirs.

Fort de cette rafraichissante expérience, il est décidé d'abandonner la pêche au pied du barrage et de rallier la crique Grégoire à "soi-disant" 20 mn de là (en fait c'est du temps guyanais, il faut compter 1h30 mn.

ET la ballade vaut le coup, je vous laisse apprécier en images la splendeur de cette crique qui pour le moment est de loin la plus belle de celles que j'ai vues. Elle reste préservée car pas vraiment pratique d'accès bien que très familiale, avec une piscine immense et une eau limpide.

 Le départ de la crique lorsque l'on quitte le tumultueux Sinnamary.



























Sur le fond, dans la crique une pirogue traditionnelle en bois a été coulée, elle sert aujourd'hui d'abri aux poissons.




Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises car au détour d'une méandre une vision paradisiaque s'offre à nous:





Nous y sommes, c'est le bout de la crique Grégoire, c'est tout simplement magique, le bruit du fleuve s'est tu et on entend juste en bruit de fond le grondement des cascades Grégoire qui viennent mourir en un filet d'eau sur de magnifiques pierres rondes chauffées par le soleil.


Un endroit de rêve, une vasque de 20 mètres de diamètre avec une eau à 26°, le tout surplombé d'un carbet immense, mais désert ...


Nous resterons là plusieurs heures à lire et à pêcher, seuls au monde avec l'impression d'avoir découvert et vécu quelque chose de vraiment magique.



            Et pendant qu'Aymeric essaie d'attraper des poissons volants en jetant ses appâts dans les branchages environnants  ;-)  moi je profite largement de ce cadeau de la nature et je vous dis qu'une seule chose, . . .     venez vite pour pouvoir en profiter avec nous . . .


          Très bientôt un nouvel article que j'aurai pu intégrer à celui-ci puisqu'il s'agit de vous parler d'une superbe rencontre que nous avons faite avec Aymeric, mais le personnage central de ce sujet et son travail méritent mieux que quelques lignes sur la fin d'un article alors, un peu de patience, je me remets derrière mon écran très bientôt.
Mais n'oubliez pas, pour les écrire ces aventures, il faut aussi les vivre et les préparer et même si on est en Guyane, il faut aussi qu'on travaille, un bien lourd programme . . .

dimanche 4 octobre 2015

Un retour à Cacao pour découvrir le sentier du Molokoï

              Il y a maintenant presque 18 mois, notre première ballade en Guyane, dès notre arrivée, nous prîmes tous ensemble la direction du village de Cacao, perdu entre Caynne et Regina à environ une heure de voiture de la maison.

Alors au début du mois de septembre, les sentiers ayant eu de le temps de bien sécher, la petite famille a, à nouveau pris la direction de ce charmant village avec bien sur dans un coin de sa tête, l'idée de manger une petite soupe au marché mais aussi d'aller découvrir le plus long des sentiers de Guyane (du moins une partie).


C'était une première reconnaissance comme on aime bien les faire, on prend la température, on observe sans se prendre la tête, on se renseigne autour de nous et on réfléchit à comment organiser la chose pour la prochaine fois.

Ce fameux sentier fait quand même 13 km, je sais cela peut paraitre peu mais lorsqu'il fait 35° et que l'on marche en forêt cela change quelque peu la donne, demandez à l'homme qui vient de crapahuter une semaine dans la verte !!!


Nous on n'a pas marché beaucoup on était là pour se détendre les pattes. On a marcher 30 mn et on est tombé sur une petite crique toute ombragée et bien discrète qui méritait qu'on y passe un moment, ce que l'on s'est empressé de faire au grand bonheur des enfants.





Et là, quel bonheur, pas de passage, pas de touristes, de métro, de guyanais,  de surinamais,  de brésiliens, de martiens, d'extra-terrestres, de gros cons, ...


Et donc MIRACLE, pas de déchets, le site est nickel, que du bonheur et en plus en cette saison l'eau est fraiche et limpide, tout ce qu'il faut pour se poser un moment et se prélasser en écoutant les bruits de la forêt.











Chacun en profite à sa façon avec de grands sourires . . . . . 

























On observe la nature et on retrouve cet arbre très particulier (je dirai un jeune fromager mais bon ...) qui comme toute flore ici à son utilité particulière . . . .






Observez bien ses racines, il s'agit du tam-tam de la forêt. Ses grands drapés font en fait caisse de résonance lorsque l'on tape dessus avec un morceau de bois. Bon moyen de se signaler lorsque l'on est perdu et que :

1/ le GSM ne passe pas
2/ on est parti tout seul sans une misérable boussole.
3/ on n'a pas pris de sifflet
4/ on a bêtement quitté le sentier en se croyant plus fort que les autres ....


Après moi je dis ça, je dis rien, comme je pisse sur tous les arbres du coin, je me retrouve toujours, les autres ont qu'à me suivre.








A l'issue, on s'est tous retrouvé devant une bonne soupe et une bonne boisson fraiche.



Au final, une petite sortie, toute simple, bien agréable avec une pleine moisson de sourires pour tout le monde.



        Petit clin d'oeil à tous ceux qui pensent encore que la Guyane est un enfer, qu'on a kidnappé les enfants, qu'ils sont retenus contre leur gré, que rien ne va et que surtout ......

      ...... nous sommes des parents indignes
(mais ça on le savait déjà ! ! ! !  )









dimanche 27 septembre 2015

Les vacances de 3.1415926535 .... ou le "Pi" en vadrouille en Guyane

Bon ben voilà il faut le dire, c'est le premier, il a eu le courage de venir, d'affronter les préjugés, ses peurs et tout ce qu'on a pu lui dire (pour le décourager surtout, car il faut se le supporter non mais ... !!).
Et sans mentir, je crois pouvoir dire  . . . .
. . .  qu'il ne l'a pas regretté.


Il est venu nous voir durant 10 jours et pour ce faire, il a abandonné sa tendre et douce et il a oublié de mettre mes copines ERA et JOY dans ses bagages ...
Moi qui comptait sur de belles retrouvailles canines, je n'ai eu que quelques poils et les odeurs lointaines de mes cops ...
En plus, à peine arrivé, le voilà qu'il file direct amenant l'Homme avec lui, direction Kourou, pour assister à un lancement de Soyouz visant à mettre en orbite deux satellites (les n° 9 & 10) devant permettre à terme le fonctionnement le système Galileo de GPS européen. La princesse, les enfants et moi sommes restés à la maison, c'était à 23h ...
Par contre, on voit bien qui c'est les privilégiés !!! ils ont eu droit d'assister au lancement en VIP depuis la salle de contrôle Jupiter avec les petites fours, le standing et tout le tralala ...










"Le sésame" permettant d'entrer dans le saint des saints, "la salle Jupiter" qui est le cerveau de tous les lancements de Kourou. Russes et européens travaillent main dans la main derrière les baies vitrées sous l’œil attentif du public, institutionnels et clients.


       
  L'écran géant de contrôle, dupliqué maints fois et de façon détaillée devant chaque intervenant de la salle. Nous sommes à 45 mmn et 50 secondes du lancement, il n'y aura pas de retard, par contre, il faudra attendre (pas nous en tout cas !!) 3h58 mn pour voir la mise en orbite réalisée.





DEUX lumières dans la nuit, celle du Soyouz et celle du sourire du Pi enchanté devant la magie d'un tel événement.






Après cette sortie magnifique, il y eu plein de ballades sur la plage de Remire-Montjoly (pour le plaisir de Patrick mais un peu aussi pour le mien), de longues heures de promenade avec des rencontres marines quelquefois étonnantes .....  comme ce bébé tortue luth qui n'est jamais parvenu à rejoindre les eaux profondes et que nous avons découvert mort sur le sable à quelques mètres de la mer, victime collatérale de l'émergence annuelle.


Il y a eu aussi plein de promenades sur les sentiers de Guyane, une virée aux îles du salut, de longs moments de détente dans la piscine où je surveillais des discussions sans fin car moi, je n'aime pas l'eau. 
Mais aussi la visite des marchés locaux pleins de bruits et d'odeurs, desquels on revient avec des épices, des fruits sucrés et des souvenirs de soupes chinoises dignes des contrées reculées de l'orient.





P.S: Vous ne rêvez pas, les tomates sont bien à 5€ le Kg, sachant qu'au Brésil, on les trouvera à 4 réals le Kg soit 1€ !!!





Et puis il y a eu aussi la descente jusqu'à Saint Georges de l'Oyapoque et la rencontre avec le Brésil, un moment inoubliable -pour eux- moi je suis restée à la maison (et qui c'est qui va garder la princesse et les enfants quand l'Homme se taille des jours durant en vadrouille, soit disant pour le boulot mais en fait pour aller s'éclater avec les potes en forêt ou je ne sais quoi d'autre . . . c'est pas une vie -de chien-, je vous le dis)



                 C'est au petit matin après une nuit passée au village que nous découvrirons un endroit particulier de ce territoire au bout du monde que certains appellent encore "le dernier far west". Là alors que le soleil se lève tout doucement au dessus de la forêt et que les premiers oiseaux prennent leur envol, ...

               Voilà qu'apparait devant nous le pont de l'Oyapoque, né d'un accord passé, il y a de cela plus de 15 ans entre le président brésilien de l'époque et M. Jacques CHIRAC. Les deux hommes rêvaient d'établir un lien au dessus du fleuve entre deux villages, St. Georges et Oyapoque.

    


    Le rêve est devenu réalité et le pont est apparu, d'une architecture époustouflante, surplombant la brume et le fleuve, liant définitivement le territoire français du bout du monde au reste de l'Amérique du sud du moins par voie terrestre.


Pour ceux qui l'on déjà vu ou qui sont déjà passé dessus, n'aurait-il pas un petit lien de parenté avec viaduc de Millaut ?!?


Mais voilà, nous sommes au bout du monde et des fois les décisions les plus volontaristes abdiquent devant le kafkaïen des administrations .
Cela fait maintenant 5 ans que le pont est prêt à recevoir piétons et automobilistes, à ouvrir aux guyanais les portes d'un immense continent et pourtant ...

R I E N

Il faut attendre, quoi, . . . nul ne le sait vraiment et pourtant toutes les infrastructures sont prêtes, ...  Et en attendant, la nature reste là, impassible, voire dure et impitoyable, prête à reprendre ses droits si jamais l'Homme vient à reculer.



En attendant toujours . . . du chaque côté du pont des hommes, des policiers, brésiliens et français, surveillent ce pont, tache indue imposée surement par la bêtise humaine.

Par contre si vous passez dans le coin, n'hésitez pas vous présenter aux policiers qui gardent chaque côté de cette oeuvre architecturale. C'est avec plaisir qu'on vous laissera faire quelques pas jusqu'au cône de Lubec qui trône au milieu du pont, symbolisant la frontière entre les deux nations.




Des anecdotes, je pourrai vous en raconter des dizaines sur cette aberration. N'avez vouis pas remarqué sur la photo que tous les panneaux lumineux sont allumés, il en est ainsi de jour comme de nuit pour le contrôle comme pour les bureaux ....
Gaspillage me direz vous, surement mais celui que l'on pense. TROIS groupes électrogènes ont été installés en prévision du développement de l'Oyapoque, développement qui ne s'est pas fait, alors les groupes tournent au minimum et tombent en panne à tour de rôle, sous utilisés même s'ils consomment 60 000 L de gasoil par an !!!


         Bon ben voilà, le "Pi" est reparti, la tête plein de souvenirs avec un seul espoir revenir bientôt car il reste encore tant de choses à découvrir. Bientôt Aymeric sera là avec ses deux princesses. De nouvelles aventures débuteront.

Les jours passeront et bientôt viendra le temps d'un nouvel article sur nos aventures en France (métropolitaine)
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