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jeudi 12 octobre 2017

Trip solo Colombie 1/2

     Bon et bien une fois n'est pas coutume, ce n'est pas Elisa qui prend la plume pour cet article, c'est moi. Non pas par souci d'affirmation mais parce que cette fois là voilà, je suis parti tout seul en voyage.


 Il faut bien reconnaitre que jusqu'alors cela ne m'était jamais arrivé, oui mais voilà, les enfants sont rentrés en métropole et Sandra ne pouvait pas avoir de vacances cet été, il a donc fallu trouver quelque chose à faire, sachant que je n'allais pas rester à la maison pendant un mois. J'ai donc fait le choix de partitionner mes vacances en 3 blocs. Pour le premier, j'ai réalisé la remontée du fleuve Maroni durant une semaine (voir mon précédent article), pour le second, j'ai choisi d'aller visiter durant 2 semaines la Colombie en solo et en précurseur avec la ferme intention de revenir avec la Princesse. Et enfin la troisième partie de mes vacances se fera au travers d'une expédition de deux semaines encore sur le fleuve Maroni au sein du Parc Amazonien de Guyane, mais ça c'est une autre histoire . . . .

Pour les mauvaises langues, oui en effet j'ai beaucoup de vacances ;-) mais c'est surement parce que je travaille beaucoup . . . 

Pour faire simple, la Colombie, c'est grand et partiellement touristique donc, pour ceux qui me connaissent bien, hors de question d'aller me coller avec les touristes américains sur la cote atlantique. J'avais une nette préférence pour certains sites archéologiques restés inaccessibles durant des décennies car situés dans des zones sous le contrôle des FARC au sud du pays (Tierradentro, San Augustin et désert de Tatacoa) donc j'ai écouté mes envies, c'est bon pour la santé parait-il . . .

Vite fait, je glisse une carte simpliste de mon aventure avec les principaux points de passage. Comme je ne suis ni Bill GATES ni Steeve JOBS, je vous demanderai d'éviter les remarques désobligeantes sur le résultat obtenu . . .

 J'ai donc fait le choix d’atterrir à Bogotá et de descendre vers le sud en direction de l’Équateur sans toutefois traverser la frontière (question de temps) avant de bifurquer vers l'ouest puis de remonter tout doucement vers mon point de départ. Je disposais pour ce faire de 12 jours, sachant, qu'étant obligé de faire une escale par Aruba j'avais choisi de passer 2 jours à découvrir l'île.

Bon mais assez parlé, place aux photos avec tout d'abord du farniente et de la récupération sur le sable blanc de la "happy island"

 D'ailleurs si vous savez pas que c'est une île où on est heureux, ils vous l'écrivent sur la plaque d'immatriculation des voitures.

Bon mais pour faire bref (et être honnête) quitte à faire une escale, autant y passer 2 jours pour découvrir l'île, savoir ce qu'elle a à offrir et vous donner mon avis sur la question sachant que vous pouvez absolument en faire ce que vous voulez, ces propos n'engagent que moi et sont réalisés en fonction de mes centres d'intérêt propres.



Mon ressenti:
Il y fait chaud et c'est venté. C'est cher et on paie en dollars US même si ils ont une monnaie propre (florins). C'est un cailloux pelé sur lequel on a créé du tourisme de luxe pour les touristes américains, vénézuéliens (un peu moins en ce moment) et colombiens.

Certes la plage a un peu (beaucoup) des allures paradisiaques comparativement à la Guyane . . .
C'est aussi un point d'ancrage pour les énormes bateaux de croisière qui sillonnent les Caraïbes, ils font une escale à cet endroit là et lâchent leur flot de jambonneaux couleur "vanille-fraise" à l'assaut des magasins de luxe s'alignant les uns à côté des autres en face du port.

Bon allez STOP, c'est vrai que c'est ça mais vous me connaissez assez pour savoir que je suis allé chercher autre choses ... et que bien sur je l'ai trouvé ;-) la preuve . . .


                Je suis donc resté deux jours à Aruba et je me suis intéressé à la partie nord de l'île qui reste la plus sauvage, peut être d'autres choses auraient mérité d’être visitées toutefois, j'avais fait l'erreur de ne pas prendre une location de voiture et donc j'ai perdu en indépendance, ce qui au demeurant n'est pas dramatique, je me suis promené à vélo (vestige de l'époque coloniale hollandaise et ça permet de voir de jolis paysages tout en transpirant grandement ;-)


En fait, à part quelques paysages dont il convient de profiter grandement, pas grand chose de plus, donc je me suis un peu éclaté côté photos et j'ai profité de la piscine de mon hôtel, c'était un peu les deux jours de récupération avant d'attaquer les choses sérieuses.



   

      Je me suis fait aussi de nouveaux amis dont ce charmant pélican qui pas effrayé pour deux sous a accepté que je le photographie sous toutes les coutures avant de continuer mon périple à vélo.





Me voilà donc dans l'avion et j'en profite pour faire un "selfie" parce que il faut être clair, quand on voyage tout seul, on n'a pas beaucoup de photos de soi.



C'est parti, direction Bogotá, la capitale de la Colombie, qui sera mon point d'entrée et de sortie de ce pays, je suis comme un fou, je dois bien le reconnaitre et je trépigne en attendant d'être libéré des formalités douanières qui vont durer plus de 2h30, non pas en raison de ma tête de bandit mais parce qu'à Bogotá arrivent à cette période pas mal de touristes mais aussi beaucoup de colombiens en exil qui viennent voir leurs familles






Et mon premier contact avec la capitale de la Colombie ne va pas me décevoir, Bogota "la freia" va m'en mettre plein les yeux dès mon arrivée, c'est une ville qui vit, une ville qui bouge, où les gens ont le sourire et sont heureux de recevoir des touristes.
Soyons clairs, cette remarque s'applique à TOUTE la Colombie (du moins celle que j'ai visitée), sachant que je ne parle quasiment pas espagnol, que j'ai voyagé tout seul et que je n'ai rencontré aucun problème pour me déplacer, manger, trouver un hôtel, visiter les différents endroits comme j'avais prévu de le faire, ou encore prendre toute sorte de moyen de locomotion.

Je ne parle même pas de la sécurité, ce serait insulter les colombiens que de mettre ce thème sur le tapis comme le font sans arrêt nos médias occidentaux . . . 

Beaucoup de groupes musicaux de rue qui ont toute l'attention du public

J'avais choisi de prendre un hôtel sympa en plein dans le centre ville afin de profiter totalement de la vie trépidante de la capitale, et j'ai découvert que la rue est ici un espace d'expression, de loisirs mais aussi pour certains de vie, car même si le niveau de vie est bas pour nous occidentaux, certains n'ont pas d'autre choix que de vivre sur les trottoirs.

Mais on dort aussi au milieu de la foule qui circule en toute indifférence



On joue aux échecs sur des tables de camping





















Première rencontre avec ce que je suis venu chercher dans ce pays la culture colombienne et pré-colombienne, la visite du "museo del oro" qui est des musées phare de Bogotá. Un seul "hic", j'ai certes fait quelques photos mais la gestion du reflet des vitres de protection n'est pas évidente ! Et puis c'est vrai que le rendu n'est pas le même qu'en direct mais ça ...

Corne d'alerte décorative




Pectoral










Tenue d'apparat complète















Masque funéraire


Statuette

Objet décoratif retrouvé dans un tombeau
















Plutôt que de vous tenir de grands discours sur la fabrication de ces objets et les différentes techniques de création, je préfère vous laisser admirer ces ouvrages, en sachant que vous pouvez les agrandir en cliquant dessus.

Étape suivante, la visite de l'église du Cerro de Montserrate qui bénéficie d'un emplacement fabuleux puisque cet édifice surplombe la ville de Bogotá, c'est d'ailleurs cet atout majeur qui fait d'elle un site très visité et qu'on y trouve (particulièrement le WE) beaucoup de joggers qui viennent se faire les mollets sur les longues séries d'escalier qui faute de mener au 7° ciel permettent au moins de se rapprocher de celui des croyants.

Une vue époustouflante sur la capitale colombienne




Je ne l'avais pas précisé mais il y a un téléphérique et comme je passe mes journées à courir dans tous les sens, j'ai choisi sur ce coup là d'économiser mes petites jambes et même si ce n'est pas super sportif et bien tant pis ...









     



 Le chemin menant à l'église reproduit un certain nombre de statues permettant de se remémorer le chemin de croix du Christ.


 
         Mais cette ville regorge de merveilles et me voilà repartant vers de nouvelles découvertes. Je décide donc de filer vers la Candelaria merveilleusement animée et truffée de sites majeurs. C'est le barrio colonial de Bogotá, elle comporte de nombreux édifices de plus de 300 ans.

On attaque donc par la Plaza de Bolivar, lieu de rendez vous incontestable,  entourée de nombreux bâtiments officiels mais aussi banques, musées, dont le FABULEUX musée BOTERO (mais j'y reviendrai tout à l'heure).


 


Quelques rues de ce magnifique quartier fortement animé de jour comme de nuit bien qu'il est à noter qu'il revêt toutefois un caractère moins rassurant une fois la nuit tombée, mais il s'agit véritablement d'une impression totalement en lien avec la pauvreté omniprésente et d'autant plus lorsque les SDF s'installent à même le trottoir pour dormir.
 Un petit aparté donc sur le musée BOTERO dans lequel je n'ai pas pris de photos, je crois qu'elle n'était pas autorisées ou bien surpris par ma rencontre avec le peintre, j'en ai oublié d'immortaliser les lieux et les œuvres.
De mes faibles connaissances, BOTERO était un peintre qui peignait des grosses et des gros, habillés ou nus d'ailleurs avec un certain style décalé. Ayant pu approcher ces œuvres, je dirai juste mais pas que . . . en effet, j'ai découvert, une finesse de trait, une justesse du rendu qui m'ont complètement subjugué. Je ne suis pas spécialement artiste dans l'âme mais si comme moi, vous êtes sceptique et bien tentez votre chance, faite un crochet dans ce musée, peut être que vous aussi vous aurez une certaine révélation.

 Mes pérégrinations me mènent ensuite jusqu'à l'église - musée de Santa Clara qui est pour moi l'une des plus richement décorée de Bogota, je vous laisse admirer cet édifice.



148 peintures et sculptures de saints ornent ses murs, . . .
Un mobile immense placé en son centre m'a donné l'idée de sortir un peu des sentiers battus de la photo touristique, je vous en donne le résultat. Moi j'aime bien ;-)


Mais le temps, file et déjà il faut envisager de partir vers le 1° site de mon aventure. Toutefois, je prends le temps d'aller visiter le musée national de Colombie, ce que je ne regretterai pas au regard de la richesse de ce qui est présenté. Les objets regroupés sont un peu hétéroclites, mais ils attirent l’œil et aiguisent l'esprit. Pour le plaisir une ou deux photos des lieux.

Voici le premier emblème des États Unis de Colombie

           Un magnifique masque dont l'usage m'est resté inconnu dans la mesure où au musée national, les explications se font uniquement en espagnol. Mon niveau avoisinant le néant absolu (j'ai fait allemand en 2° langue  !!)  il restera pour moi un mystère, mais je dois avouer que je vis assez bien avec cet inconnu dans ma mémoire.
       Allez trêve de blabla, il est temps de partir et quand on est en Amérique du sud il n'y a pas 1001 façons de voyager, la vraie, celle du peuple c'est le bus. Des fois de luxe, des fois moins mais ça c'est pour plus tard, ce jour là, je pète dans la soie .





          Ah oui j'allais oublier de vous dire vers où je m'en vais, destination le "desierto de la Tatacoa", un endroit enchanteur dans lequel j'aurai aimé passer plus de temps, mais cette remarque est en fait quasiment valable pour tous les endroits (ou presque) où je me suis arrêté durant ce voyage.







Pour l'anecdote, je me suis fait déposer au terminal des bus de Bogota et ensuite avec un espagnol inexistant, je me suis débrouillé pour aller jusqu'à Neiva, puis à la Villavieja avant de pouvoir me poser dans le désert. Et bien croyez le si vous le voulez, ça c'est fait les doigts dans le nez et vous savez pourquoi ?
Parce que les colombiens sont des gens géniaux et aidants toujours prêts à rendre service et qu'ils m'ont pris en charge à tour de rôle, se passant les consignes les uns aux autres pour que "le francese" arrive à destination, en un mot GÉNIAL ....


La première chose qui s'impose à vous lorsque vous arrivez en bordure du désert c'est cette vision de l'immensité avec le bruit du vent qui mène un combat permanent contre la terre. De façon amusante, le désert est en contrebas, creusé dans la terre, vous le surplombez et il vous attend pour mieux vous absorber et qu'au détour de ces somptueuses formations vous ne fassiez plus qu'un avec lui, oubliant la civilisation au point de vous promener durant des heures, de  vous assoir et d'observer la nature, envahi par le calme qui s'offre à vous.

 

Comme j'étais tout seul dans ce grand désert surtout le matin vers 5h30, car en fait les touristes que j'ai pu croiser ne se décident à arpenter les lieux qu'avec un guide (totalement inutile) et pas avant 8h30, cela m'a permis d'avoir mon désert pour moi tout seul.




Du coup, j'ai innové en matière de "selfie" et je trouve que le résultat est pas mal . . .


Je vous laisse ensuite profiter de quelques photos des lieux que j'ai pu prendre en bénéficiant des variations de lumière qui ont pu s'opérer entre 5h30 et 9h00.















Désert gris ou désert rouge, je garde un souvenir magique de cet endroit qui même si c'est un désert est loin d'être désertique aussi bien en terme de flore que de faune.
Assez content d'avoir eu la patience d'attendre pour "voler" cet instant magique





Bon mais cet article s'allonge et je ne suis pas encore à la moitié de mon périple alors pour faire durer le plaisir et surtout que vous ne vous lassiez pas trop de toutes ces photos, je vais partitionner mon aventure.
Il faudra donc faire preuve d'un peu de patience pour connaître la suite de ce trip colombien.
A plus tard  . . .

samedi 22 juillet 2017

Remontee du Maroni




            Bon ben voilà, encore une fois l'homme s'est barré de la maison pour faire le fou et nous a lâchement abandonné, la Princesse, le petit Holy et Moi. Bon en même temps ça a été la fiesta pendant une semaine, on a fait toutes les bêtises de la terre, on s'est éclaté et on a dormi à la clim dans la chambre pendant que lui il était dans son hamac à la belle étoile . . . .
En plus pour être sur d'être peinards pendant cette période on a foutu les petits dans l'avion direction la métropole ! qui est ce qui a dit que les vacances ne commençaient pas bien ;-) ?!?

     Bon comme j'ai mes sources (et de grandes oreilles), que j'ai eu accès à son appareil photo dès son retour et vu ma grande connaissance du département, je vais pouvoir vous faire un topo de cette semaine dont l'objectif unique était d'embarquer dans une pirogue traditionnelle en bois à Saint Laurent du Maroni et de remonter le fleuve jusqu'à Maripasoula soit plus de 300 Km de "rivière non navigable" (dixit les autorités fluviales de métropole).
En fait pour être honnête, je lui ai fait une grosse léchouille à son retour et je suis resté avec lui quand il a vidé son sac de voyage et là il a craqué devant mes grands yeux et il m'a raconté toute son épopée en détail, du coup je vous la livre comme il me l'a contée.
Les moments forts de cette aventure: le fait de passer d'un pays à l'autre en permanence puisque le Maroni sert de frontière entre la Guyane et le Suriname, être au contact des différentes ethnies vivant au bord du fleuve, approcher les points de ravitaillement des orpailleurs clandestins et côtoyer ces derniers ou bien encore découvrir les abattis Coticas . . .
Alors prêt à s'en mettre plein les yeux ?!? (les photos restent dans leur format d'origine, vous pouvez les agrandir en cliquant dessus)



 Avant de commencer, quelques précisions sur ce magnifique fleuve qu'est le Maroni. D'une longueur de 611,7 km, le fleuve et ses îlots étant surinamais, la rive droite fait office de frontière entre la Guyane et le Suriname jusqu'à son embouchure commune avec le fleuve Mana.
Le Maroni est une voie de communication essentielle vers les communes intérieures de la Guyane. La pirogue reste donc le principal moyen de transport de la région. Tout au long de son cours se succèdent villages Bushinengué (Boni, Djukas, Paramaccans, Saramacas) et Amérindiens (Lokonos, Kali'nas, Wayanas).
Plusieurs îles et de nombreux rapides appelés « sauts » (appelés aussi "soula") en Guyane jalonnent son cours. On dénombre environ quatre-vingt-dix (90) sauts.
Infos Wikipedia.
 


Bon avant de commencer, ce qu'il est important de savoir c'est qui sont les participants et qui s'occupe de la pirogue.
Pour les premiers, voilà donc l'Homme, son pote Gilbert et la copine de ce dernier Céline (normalement vous devriez pouvoir retrouver chacun, si ce n'est pas le cas, allez faire un tour au Polygone Riviera vous serez surement plus à l'aise qu'à regarder des photos de la nature en Guyane)














Ne parlez pas à l'Homme de sa casquette, c'est la deuxième qu'il perd ... (en même temps, vu la tête que ça lui fait, c'est peut être pas un mal !!!)




A votre gauche une belle pirogue traditionnelle toute décorée tandis que sur la droite vous avez le pilote de la pirogue  et son assistant .
(Pour info notre pirogue était plus grande, transport de matériel et de futs d'essence, oblige)




     J'ai pas trouvé de photos du "bossman" mais d'après ce qu'a dit l'homme, le pilote était tellement bon qu'il a passé son temps à dormir sur la pirogue pendant une semaine . . .






" On est lundi matin,nous sommes rassemblés devant l'office de tourisme de Saint Laurent avec nos sacs, voilà que la pirogue arrive, c'est parti pour une aventure de 6 jours. Pour nous rassurer on embarque au niveau d'un vieux bateau à moitié immergé qui a surement connu des jours meilleurs et que le temps a transformé en île et qui a développé sa propre végétation.


 Rapidement, ce fleuve-roi se révèle bien impétueux et les sauts s'enchaînent. manœuvrer une pirogue de type "fileuse" de plus de 12 mètres bien chargée  n'est pas une mince affaire, mais notre pilote, né sur le fleuve est totalement dans son élément, semble lire sa route comme si celle-ci lui était indiquée par d'invisibles signes . . . 



           les heures se suivent et ne se ressemblent pas, les 80 CV de notre monture nous propulsent à bonne vitesse et les paysage que nous découvrons (bien qu'habitués aux ballades et virées sur le fleuve) sont magnifiques.

La rive surinamaise se révèle très active, de nombreuses maisons ou villages s'échelonnent tout au long de la rive. La population s'est véritablement ancrée sur les berges exerçant un petit commerce ou bien vivant des ressources du fleuve. Ce n'est pas le cas côté français, passé Apatou, c'est le grand "désert vert"; Les populations françaises de l'intérieur (du moins  une certaine partie) ne conçoivent pas le fleuve comme les surinamais, pour eux l'accès doit pouvoir se faire en voiture, donc pas de pistes, pas de population. On a clairement chez nous un abandon du fleuve comme axe de circulation.

Il faut en plus noter que la rive surinamaise accueille tous les orpailleurs clandestins qui viennent s'approvisionner et se reposer dans des villages de bois dignes de la grande époque du far west . . .




     Et de l'approvisionnement, il en faut car partout sont installés des groupes électrogène qui apportent "la civilisation" au bout du monde. Et donc régulièrement nous voyons des pirogues de plus de 20 mètres chargées de futs d’essence nous dépasser, poussées par d'impressionnant moteurs de 200 CV.








 Parmi les arrêts réalisés nous prendrons le temps de faire une pause dans le village de Sooke dont la caractéristique est la fabrication de pirogues traditionnelles de toutes dimensions.
Des explications intéressantes, recueillies auprès des différents groupes qui travaillent sur des pièces plus ou moins grandes nous apprennent qu'il faut compter 15 jours pour la fabrication d'une pirogue traditionnelle de 8 mètres. que la préparation du tronc se fait en forêt et qu'ensuite ce dernier est amené évidé sur site pour que débute sa préparation .
Chose importante, il va falloir élargir le tronc, l'ouvrir, ce qui explique les barres de bois que l'on peut voir sur la photo. Ensuite viendra la pose des montants et des traverses qui renforceront la structure.



Bien que magnifiques (il faut dire que j'ai joué un peu sur les réglages de l'appareil pour fausser les couleurs) ces pirogues nécessitent beaucoup d'entretien contrairement aux coques alu que l'on trouvent partout en Guyane. Toutefois, le prix reste largement abordable puisqu'il faut compter 2 000 euros pour une pirogue de 8 mètres (non décorée).

Notre périple continue donc et nous nous arrêterons au gré de nos envies, pour manger, se baigner, visiter des villages, rencontrer des gens mais aussi des animaux.
Et là j'en profite pour vous mettre de très belles et très audacieuses photographies de la faune locale, certains spécimens étant plus morts que vifs, repas du soir oblige . . . .


















Des fois certains animaux me font penser à des gens que je connais . . .















 


        Là clairement, c'est mon animal préféré, je n'avais jamais eu un tamanoir dans les bras, c'est fantastique !! C'est super doux ;-)
(Pour les défenseurs des animaux, ce dernier a été retrouvé seul sans sa maman et n'est pas encore sevré, il a été recueilli par un habitant du fleuve qui l'élève avec beaucoup d'amour)



























          Un magnifique ara d’Amérique du sud, on notera qu'il est semi apprivoisé car non attaché.




Pour les puristes en matière de photo, l'Homme a dissocié les couleurs en gardant sur la première image uniquement celle de la flore, et en basculant le perroquet en nuances de gris.


(il teste son nouvel appareil photo !!)
















 




   Ça c'est le repas du jeudi soir, un coup de fusil bien placé (ce sont les piroguiers qui se le mangeront, nous on mangera du cochon bois et de l'aïmara)




 
       




 Nous poursuivons notre remontée du fleuve et au détour d'un bras nous découvrons ce que nous espérions ne pas voir, une barge d'orpaillage clandestin en activité.
Et oui, l'or est omniprésent en Guyane et attise les convoitises. Plus on remonte vers l'intérieur des terres plus le contrôle du fleuve devient difficile aussi bien à cause de la distance que des difficultés d'accès avec pour conséquence bien sur, une exploitation incontrôlée de ce métal précieux.


                   








   Nous continuons notre progression sur un fleuve aux comportements divers et variés. Parfois tumultueux, il devient quelques kilomètres plus loin très calme voire piégeux car susceptible de faire relâcher l'attention du pilote. Mais il faut rester prudent car les dangers sont au dessous de la surface et seuls les mouvements de l'eau et la connaissance parfaite du fleuve permettent de les éviter.



En parlant de fleuve tumultueux et de passage de saut, je vous invite à suivre ce lien et à regarder cette vidéo de moins de 2 mn, réalisée au cours du voyage et montrant un passage de saut. Étonnant, même si je trouve que cela ne rend pas autant que lorsque l'on est à bord de la pirogue ...

Arrivé à ce stade de notre périple, vient la découverte d'un des plus bels endroits que j'ai été amené à visiter depuis que je suis en Guyane, les abattis Cottica classés Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique depuis 2011). Avant d'en parler et surtout de vous montrer de magnifiques images de ces paysages féériques, voici une petite présentation de ce site par  le magazine "une saison en Guyane".

Il s'agit d'un lieu d'intérêt paysager, écologique et culturel. En période d’étiage, les sauts des grands fleuves guyanais deviennent des ponts de roches qui relient les rives entre elles. La faune en profite pour circuler librement, ce qui permet, entre autres, à la biodiversité de se maintenir dans de bonnes conditions. Ces ponts sont pour les naturalistes des corridors écologiques.
Le long du Maroni, sur sa portion appelée Lawa, se situent les Abattis Cottica, site emblématique du pays Aluku, où la montagne du même nom domine le fleuve sur une de ses parties les plus majestueuses. Il est ici fragmenté en une infinité de bras et d’ilots forestiers, entrecoupés de sauts spectaculaires.
Sur la rive droite, la montagne Cottica, ou Lebi Dotsi en Aluku, culmine à un peu plus de 730 mètres, soit un des plus hauts reliefs de la Guyane. Cette proximité du fleuve au pied de la montagne constitue une combinaison de paysages exceptionnels. Riches d’une diversité d’habitats naturels abritent une faune et une flore très diversifiée. 
Pendant des kilomètres, avec une variété éblouissante les perspectives se renouvellent à chaque instant en une symphonie infinie de verdure qu’éclairent des grappes de lianes aux fleurs multicolores. Sur les pentes du Mont Cottica, s’enflamment d’énormes bouquets jaunes, floraisons des ébènes soufrées.

Je vous laisse apprécier la beauté du paysage et imaginer ce que cela peut faire de se laver dans le fleuve face à un tel paysage. J'avoue, j'ai été envouté . . . . 






       


      Des fois un petit peu de flore avec des couleurs somptueuses vous surprend alors que vous avez les pieds dans l'eau et l'âme vagabonde, . . . .








Les jours s'enchaînent et le temps file, nous retrouvons déjà les traces de la civilisation puis "les grandes villes " de l'intérieur, Papaïchton et Maripasoula.



  Dernière escale sauvage à midi pour profiter de l'eau et de la tranquillité, très bientôt nous rejoindrons Maripasoula notre destination finale.

Chose particulière il n'y a pas de route qui mène à ses territoires, pourtant des 4X4 et pick up sont régulièrement amenés en pirogue ce qui donne un spectacle quelque peu étonnant. Ainsi son propriétaire pourra faire le tour du village. Quelques jours avant notre passage, "Guyane première" avait fait sa première page avec le transport jusqu'à Maripasoula d'un camion de pompier flambant neuf !!
 Oui, je sais ce que vous pensez . . . c'est pire que "Nice Matin" !!!





  Pas Faux   . . . . .

 Et voilà, un peu de confort une fois arrivé au terme de notre voyage, pour la première fois depuis le départ nous dormons dans un lit et non sur un hamac, c'est cool . . . .

 


La journée et demi de repos que nous passerons à Maripasoula nous permettra de visiter le bourg mais aussi de nous rendre sur la rive surinamaise et faire le tour de Albina II, le pendant de la ville d'Albina qui se trouve en face de Saint Laurent du Maroni.








Par contre là, pas de civilisation qui tienne, on paie en euros et si on on en a pas on fait comme les garimperos, on paie en or brut ..... ça calme
 

Il est déjà temps de reprendre l'avion pour retrouver "la civilisation". ici pas de Boeing, juste un petit coucou de 17 places et une piste juste assez longue pour décoller. Pas question de se rater sinon on se mange un morceau de forêt équatoriale version pas cool du tout.































Je n'ai pas pu résister au plaisir de vous mettre deux photos de la Guyane vue du ciel. sur la première toute la beauté de cette nature sauvage juste traversée par une piste en terre battue et malheureusement sur la seconde le drame d'une nature défigurée par l’appât du gain et la recherche de l'or (là nous sommes bien au dessus du territoire français et non surinamais !!

Je n'ai pas envie d'épiloguer plus sur ce fléau qui frappe la Guyane et contre lequel nos responsables locaux ou nationaux ne font rien pour la simple et mauvaise raison qu'ils s'en foutent plein les poches .Au cas où ces gens là l'auraient oublié, l'or comme les billets de banque ne se mange pas . . . .




     Et comme il faut toujours finir une aventure sur une note d'optimisme, voilà une dernière photo des abattis Cotica, juste au petit matin, quand la brume s'écarte, qu'un timide soleil apparait et que chacun vaque à ses occupations.

Un moment merveilleux que cette remontée du Maroni, un incontournable à réaliser que l'on soit sur place ou bien que l'on vienne voir des amis installés sur place (au fait ne traînez pas, le temps file et nous n'allons pas tarder à nous en aller) .